Les Leçons de l'Amour
Livre : Les leçons de
l'amour, Melody Beattie, p 145 à 147
Qu'était-ce donc que l'amour à mes yeux? De quoi ce
sentiment était-il fait? Était-ce le fruit de quelque vision
romantique capable de me transporter à Camelot? Et
après?
Le pardon. La compassion. Le dévouement. L'amour de
soi. S'aimer soi-même, même dans les moments où j'étais sûre
que personne d'autre ne m'aimait ou ne pas pouvait avoir envie
de m'aimer. Et laisser entrer autrui.
La foi.
L'acceptation de soi, de ma vie, des autres, de leur vie.
L'amitié. Le courage. La persévérance.
L'espoir.
La joie. Apprendre à privilégier la joie. Le doux et le simple
apprentissage du moment présent, à vivre chaque fois
pleinement. Apprendre à voir la joie, à choisir celle qui ne
dépend plus des circonstances, mais qui vient du
cœur.
Comment aurais-je pu apprendre toutes ces leçons,
toutes ces sous-catégories de l'amour?
La confiance. Avoir confiance en soi. Apprendre à
faire confiance aux autres, à la vie, à Dieu.
Apprendre à jouer et à rire. Savoir m'en aller et,
parfois, savoir rester. Prendre conscience de mes propres
besoins. Avoir de l'estime pour celle que je suis, même si elle
ne correspond pas tout à fait à celle que les autres croient
que je suis. Avoir confiance en ma façon d'envisager la vie et
être capable d'en inventer une autre si la première se révèle
inefficace. Avoir des rêves, les réaliser. Prendre conscience
des liens absolus et divins, qui unissent, et cela peut-être
depuis toujours, toute chose dans l'univers.
Enfin, affronter et accepter la mort.
Comment pouvais-je croire que toues les leçons
seraient faciles à apprendre?
C'est pourtant ce que j'avais cru.
Je comprenais maintenant que même les luttes et les
moments difficiles où je rageais, gémissais et pleurais sur mon
sort n'étaient pas une punition. Dieu n,avait jamais entrouvert
les rideaux du ciel pour dire : " Fort bien, faisons-lui passer
quelques moments difficiles. Ca lui apprendra. "
Dieu disait plutôt : " Regarde. Elle apprend à
aimer. "
La lutte pour atteindre le sommet de la montagne
était mon affaire.
Je sentis alors une lumière que je n'avais pas
sentie depuis des années, et que je n'avais peut-être même
jamais sentie. Pendant un instant, je crus entendre chanter les
anges, un chœur de joie céleste. Et je me demandai combien de
temps, oui, combien de temps, il m'avait fallu pour apprendre
cette leçon.
J'en avais fini désormais, de monter et de descendre
l'échelle qui va du désespoir à l'euphorie, en essayant de me
convaincre que la vie n'était ni douloureuse, ni terrible, ni
joyeuse, ni formidable.
Plus simplement, la vérité était que la vie, c'est
tout cela à la fois.
Je n'était pas ici-bas pour vivre dans un état de
bonheur permanent, même si j'étais maintenant convaincue que la
chose était possible. J'étais ici bas pour apprendre l'amour.
C'était là le sujet des leçons que j'avais
apprises.
Ces événements, où je n'avais vu qu'une série de
coïncidences, étaient autant de manifestations de l'amour
divin. De l'amour universel. L'amour était une force vitale et
apaisante. Il avait eu cet sur moi. Désormais, je n'aurais plus
qu'à ouvrir les yeux pour apercevoir l'amour et choisir de
l'accueillir.
Je compris que les leçons ne portaient pas sur
l'amour. Elles étaient en soi l'amour. Elles traçaient le
chemin du cœur.
Je me levai et laissai s'envoler mon ballon, dont je
suivis la trace tout en haut dans le firmament.
Comprendre l'amour n'a pas fait disparaître mon
chagrin. Comprendre l'amour m'a libéré le cœur.
Je n'ai pas cru pour autant que je ne connaîtrai
plus jamais la douleur. Un cœur ouvert est un cœur qui connaît
la souffrance, le chagrin de la perte, l'amour et la joie. Un
cœur ouvert ressent tout ce qu'il doit ressentir. Faute de
quoi, il se referme.
" Merci de m'avoir donné cette vie ",
murmurai-je.
Ces paroles m'étonnèrent. Voilà que je le pensais
vraiment.
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